Limite de la méthodologie
En tant que professionnelle de la restauration, vous comprendrez qu’il m’est impossible d’énumérer l’ensemble des étapes de conservation ou de restauration que je suis amenée à pratiquer. Il ne me faudrait pas moins d’un livre pour aborder tous les matériaux potentiels ainsi que leur mise en œuvre et en justifier le choix avec des exemples concrets à l’appui. Par ailleurs, le métier de conservateur / restaurateur demande une adaptation permanente à l’œuvre. Il est donc fréquent d’être confronté à des cas exceptionnels qui demandent une intervention et un choix exceptionnels. C’est ce qui fait la richesse de ce métier. Je vais cependant tenter de vous donner un aperçu de mes méthodes de travail.

S’informer
Afin de préserver au mieux les œuvres, ma méthode de travail commence par une recherche et une prise d’informations permanentes sur les nouveaux matériaux disponibles, sur les mises en œuvre possibles et sur les nouvelles recherches effectuées dans le domaine de la restauration et de la conservation. Grâce à une bibliographie pointue approvisionnée régulièrement par de nouvelles publications, grâce au travail en équipe avec de nombreux restaurateurs de diverses spécialités et grâce à des formations professionnelles, je parviens à rester à la pointe de ma spécialité.

Etudier l’œuvre
Avant toute intervention, une étude approfondie de l’œuvre est pratiquée. Sont alors pris en compte la constitution, l’âge, les altérations, les anciennes interventions, les éventuels accidents et le lieu de conservation de l’œuvre. Une observation approfondie est réalisée en lumière normale, rasante, à travers une lentille grossissante et sous éclairage ultra-violet. Selon les besoins, des analyses peuvent être réalisées afin d’identifier certains matériaux avec l’accord du responsable de l’œuvre. Il peut également  être nécessaire d’avoir recours à la radiographie afin de différencier différentes couches. Toutes les informations recueillies et leur interprétation sont ensuite consignées et illustrées dans le mémoire final.

Définir les étapes
A partir de l’étude, il est possible de définir précisément les étapes d’intervention, de déterminer le choix des matériaux à utiliser et leur mise en œuvre. Minimalisme du traitement[1], stabilité et réversibilité des matériaux, sont les principes qui guident mes options d’intervention. Des tests sont réalisés au préalable afin de s’assurer de la compatibilité des produits et de leur efficacité.

Se fournir
Les produits et matériaux consacrés la conservation et la restauration des œuvres proviennent de fournisseurs triés sur le volet. La pureté des matériaux est indispensable afin de laisser un minimum de résidus. Ils sont achetés auprès de laboratoires ou de magasins spécialisés.
La plupart des châssis sont commandés auprès de Chassitech. Ils sont à l’heure actuelle les meilleurs dans leur domaine grâce à leurs châssis flottants.

Produits & matériaux
Selon les œuvres, je suis amenée à travailler aussi bien avec des produits et des matériaux synthétiques qu’avec des produits et des matériaux d’origine naturelle. Concernant le nettoyage des œuvres, j‘utilise une large gamme de tensio-actifs ainsi qu’une large gamme de solvants, d’acides et de bases permettant de s’adapter au mieux à chaque matériau à éliminer. Ces produits sont utilisés en solution ou en gel selon les cas.

Documenter
Chaque restauration se solde par la rédaction d’un mémoire dans lequel sont consignés une étude de l’œuvre avec un constat d’état détaillé, un rapport d’intervention et le cas échéant, des conseils de conservation. Ce mémoire est illustré de photographies prises avant, pendant et après intervention. L’ensemble des éléments est fourni sur support papier et sur support numérique.